© Gilles Bureau - le Quatrième mur production

Trois ruptures parle de la violence dans le couple. Ce n’est pas la première fois que j’aborde le sujet dans mes pièces. Si l’on y regarde bien, le thème revient sans cesse : la violence sociale se répercute dans l’intime, le couple devenant ainsi le lieu du combat. Une scène de ménage poussée à fond à toujours un aspect comique. La part de l’humour dans mes pièces est parfois mal comprise. L’humour, - les rires qu’il peut provoquer - ne cherche pas à amoindrir ou dédouaner la violence qui s’exerce. Il rend simplement possible sa représentation.

La force du théâtre réside dans son effet miroir; dans le meilleur des cas, il permet la prise de conscience de réalités inacceptables. Pour l’écrivain, il s’agit alors d’écrire au plus juste.

« Une pièce de théâtre devrait pouvoir provoquer cette réaction chez le spectateur : oui, c‘est comme ça... Est-ce que nous ne pourrions pas faire quelque chose pour améliorer un peu la situation ? » Tchekhov.

Texte

Comédie

C’est une comédie. Sur quoi est fondée la comédie ? Pour moi ? Sur le tragique. C’est comme ça que je vois les choses. Alors c’est peut-être ce qu’on appelle une tragi-comédie. Le terme sonne très ancien. Ça ne fait rien. Le théâtre est quelque chose de très ancien et qui s’intéresse depuis longtemps aux relations entre hommes et femmes. C’est un sujet inépuisable.

Là, je parle du moment où rien ne va plus, où l’on se quitte parce que la relation ne peut aller plus loin. Ce ne sont pas des scènes de ménage, ce sont des instants où tout s’écroule, où quelque chose meurt en soi. Ce n’est pas drôle quand on y pense. C’est même dévastateur. On perd pied. On est pris de vertige. Tout se casse la gueule, c’est terrible. C’est là que l’humour peut nous venir en aide. Il n’y a pas grand-chose d’autre à attendre de toute façon. Mieux vaut en rire, c’est ce que je pense. Pour ma part, je suis incapable de faire autrement.

Rémi De Vos